Le rayonnement qui n'est pas absorbé ou diffusé dans l'atmosphère
peut atteindre et interagir avec la surface de la Terre. Lorsque l'énergie atteint la cible, la surface peut absorber (A) l'énergie, la transmettre (T) ou réfléchir (R) l'énergie incidente. L'énergie incidente totale interagira avec la surface selon l'une ou l'autre de ces
trois modes d'interaction ou selon leur combinaison. La proportion de chaque interaction dépendra de la longueur d'onde de l'énergie, ainsi que de la nature et des conditions de la surface.
L'absorption (A) se produit lorsque l'énergie du rayonnement est absorbée par la cible, la transmission (B) lorsque l'énergie du rayonnement passe à travers la cible et la réflexion (C) lorsque la cible redirige l'énergie du rayonnement. En télédétection, nous mesurons le rayonnement réfléchi par une cible. La réflexion spéculaire et la réflexion diffuse représentent deux modes limites de réflexion de l'énergie.
Une surface lisse produit une réflexion
spéculaire, c'est-à-dire que toute l'énergie est redirigée dans une même direction (comme c'est le cas
d'un miroir). La réflexion
diffuse se produit quand la surface est rugueuse,
ce qui redirige l'énergie uniformément dans toutes les directions. La plupart
des objets de la surface terrestre se situent entre ces deux extrêmes. La
façon dont une cible réfléchit le rayonnement dépend de l'amplitude de la
rugosité de la surface par rapport à la longueur d'onde du
rayonnement incident. Si la longueur d'onde du rayonnement est beaucoup
plus petite que la rugosité de la surface ou que la grosseur des particules
qui composent la surface, la réflexion diffuse domine. Par exemple, un sable
fin paraît uniforme aux rayonnements à grandes longueurs d'onde, mais
rugueux aux longueurs d'onde visibles.
Examinons quelques exemples de cibles de la surface de la Terre et voyons comment l'énergie aux longueurs d'onde visible et infrarouge interagit avec celles-ci.
Les feuilles : la chlorophylle, une molécule que nous retrouvons à
l'intérieur des feuilles, absorbe fortement le rayonnement aux longueurs
d'onde du rouge et du bleu, mais réfléchit le vert. Les feuilles, qui
contiennent un maximum de chlorophylle en été, sont donc plus vertes
pendant cette saison. En automne, les feuilles qui contiennent alors moins
de chlorophylle, absorbent moins de rouge, et paraissent donc rouges ou
jaunes (le jaune est une combinaison des longueurs d'onde du vert et du
rouge). La structure interne des feuilles en santé agit comme un excellent
réflecteur diffus pour les longueurs d'onde de l'infrarouge. Si nos yeux
pouvaient percevoir l'infrarouge, les feuilles paraîtraient très éclatantes sous
ces longueurs d'onde. Les scientifiques utilisent d'ailleurs l'infrarouge pour
déterminer l'état de santé de la végétation.
L'eau : l'eau absorbe davantage les grandes longueurs d'onde du rayonnement
visible et du proche infrarouge. Ainsi, l'eau paraît généralement bleue ou
bleu-vert car elle réfléchit davantage les petites longueurs d'onde, elle paraît
encore plus foncée si elle est observée sous les longueurs d'onde du rouge ou
du proche infrarouge. Lorsque les couches supérieures de l'eau contiennent
des sédiments en suspension, la transmission diminue, la réflexion augmente
et l'eau paraît plus brillante. La couleur de l'eau se déplacera légèrement
vers les plus grandes longueurs d'onde. Nous confondons parfois l'eau qui
contient des sédiments en suspension avec l'eau peu profonde et claire, car
ces deux phénomènes paraissent très semblables. La chlorophylle dans les
algues absorbe plus de bleu et réfléchit plus de vert. L'eau paraît donc plus
verte quand elle contient des algues. L'état de la surface de l'eau (rugueuse,
lisse, vagues, débris flottants, etc.) peut aussi susciter des problèmes dans
l'interprétation à cause de la réflexion spéculaire et des autres influences sur la couleur et la brillance.
Ces exemples démontrent que nous observons des réponses très
différentes aux mécanismes d'absorption, de transmission et de réflexion
selon la composition de la cible et la longueur d'onde du rayonnement qui
lui est propre. En mesurant l'énergie réfléchie ou émise par la cible avec une variété de longueurs d'onde, nous pouvons
construire la
signature spectrale pour un objet. En comparant les
signatures de différents objets, nous pouvons les distinguer les uns des
autres, alors que nous ne pourrions peut-être pas les distinguer si nous les
comparions seulement avec une longueur d'onde.
Par exemple, l'eau et la végétation peuvent avoir une signature spectrale similaire aux longueurs d'onde visibles, mais sont presque toujours différenciables dans l'infrarouge. Les signatures spectrales peuvent être très variables pour la même sorte de cible et peuvent aussi varier dans le temps et dans l'espace. Pour interpréter correctement l'interaction du rayonnement électromagnétique avec la surface, il est important de savoir où regarder dans le spectre et de comprendre les facteurs qui influencent la signature spectrale de la cible.
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